Les chiffres
Il y a eu, en 2024, 549 614 accidents du travail (en recul de 1,1 % en un an). 764 d’entre eux ont entraîné la mort. Ce chiffre est supérieur de cinq décès par rapport au chiffre de l’année précédente, qui était déjà une année record. Voici les chiffres des années précédentes : 759 décès en 2023, 738 en 2022 et 645 en 2021.
Il faut rajouter à ce bilan 318 victimes d’accidents mortels de trajet (principalement entre le domicile et le lieu de travail). Au total, le chiffre des accidents de trajet est de 94 654 (+0,7 %). La perte de contrôle d’un moyen de transport est le dysfonctionnement le plus souvent mis en cause dans les décès par accident de trajet.
Et enfin, 215 décès sont liés à une maladie professionnelle, sur un total de 50 598 maladies professionnelles (en hausse de 6,7 %).
Finalement, en 2024, 1 297 personnes sont décédées d’accident au travail, pendant leur trajet ou victimes de maladies professionnelles.
Les secteurs les plus touchés
Selon la Caisse nationale, les secteurs les plus touchés sont ceux des transports, de l’eau, du gaz, de l’électricité, du livre et de la communication (178 décès, en hausse de 13 % par rapport à 2023), et celui du BTP (146 décès, en baisse de 2 %). Le secteur de l’alimentation a connu une augmentation de 20 % du nombre d’accidents mortels sur un an.
Quelles sont les raisons ?
Plus de la moitié des décès sont liés à des malaises sur le lieu de travail. Un quart des accidents mortels proviennent d’incidents directement liés à l’activité professionnelle, comme les chutes de hauteur ou la manutention manuelle. Le rapport souligne également que plus de 20 % des décès surviennent au cours de la première année d’activité dans le poste. Enfin, 22 salariés de moins de 25 ans ont perdu la vie, contre 33 en 2023.
Focus sur la répartition femmes-hommes des sinistres
- Les hommes sont plus à risque que les femmes dans les accidents de travail : 6 hommes sur 10 pour près de 4 femmes sur 10.
- Les femmes sont majoritaires dans les accidents de trajet (52 % contre 48 %), dans la survenue des maladies d’origine professionnelle (52 % contre 48 %), dont les troubles musculosquelettiques ou TMS (55 % contre 45 %).
Enfin, la baisse globale des accidents de travail depuis 2001 masque la hausse globale de ces mêmes accidents pour les femmes.
En guise de conclusion, un nombre trop élevé de décès dus à des accidents de travail, de trajet et des maladies professionnelles, une augmentation importante des sinistres chez les femmes. Il y a urgence à agir et en premier lieu au plus près de la réalité du terrain, dans les entreprises. De quoi alimenter les travaux de la conférence Travail-Retraites.
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