La promotion de la santé mentale au travail, un enjeu majeur pour les entreprises et les salariés
La santé mentale constitue aujourd’hui une préoccupation centrale de nos concitoyens. Car les troubles psychologiques constituent la première cause des arrêts maladie de longue durée.
Si l’on observe une dégradation globale de la santé mentale dans l’ensemble de la société, les travailleurs sont souvent exposés, dans leur activité professionnelle, à certains risques supplémentaires susceptibles d’altérer leur santé mentale.
91 % des salariés considèrent que le sujet de la santé mentale devrait être prioritaire ou important dans leur entreprise ; or, dans le monde du travail, 60 % des salariés n’osent pas parler santé mentale, et 23 % seulement ont accès à un plan de prévention.
Facteur déterminant de qualité de vie, de productivité et d’équilibre, la santé mentale au travail reste pourtant méconnue et sujette à stigmatisation.
La santé mentale est un enjeu pour tous même au travail
Or, le travail peut être un levier puissant de santé mentale positive, à condition d’assurer une organisation du travail favorable à la qualité de vie et des conditions de travail et en veillant à prévenir les situations professionnelles à risque.
En effet, le monde du travail n’est pas seulement un lieu d’activité, il est aussi un espace de socialisation, d’accomplissement, parfois de réparation.
Agir en faveur de la santé mentale au travail, c’est ainsi une opportunité pour le bien-être des salariés, la performance durable, l’attractivité et la fidélisation des talents, ainsi que pour la responsabilité sociale de l’entreprise.
Situation gagnante-gagnante
S’emparer du sujet, au-delà de l’obligation légale de santé et sécurité de l’employeur, a pourtant des effets bénéfiques tant pour les salariés que pour les organisations. En l’intégrant dans leur stratégie, les entreprises préservent l’engagement et le bien-être de leurs collaborateurs, et réduisent l’absentéisme, accroissent leur productivité et renforcent la dynamique collective.
L’idée est d’inviter les dirigeants à intégrer la thématique à la stratégie sociale, managériale et économique des organisations pour faire de la santé mentale un levier de performance durable et de bien-être collectif.
La mobilisation des acteurs dans le cadre de la Grande Cause nationale
Cette année, le Premier ministre et l’ensemble du gouvernement ont fait de la santé mentale une grande cause nationale. Cette dynamique repose sur quatre objectifs : changer le regard et lever les tabous, renforcer la prévention et le repérage précoce, améliorer l’accès aux soins, accompagner les personnes concernées dans toutes les dimensions de leur vie.
La santé mentale concerne tout un chacun, tout au long de la vie, et dans tous les lieux de vie, d’enseignement ou de travail. Elle est essentielle pour notre cohésion sociale, l’équilibre de nos organisations et le bien-être de nos concitoyens.
Le ministère du Travail et de l’Emploi agit ainsi concrètement aux côtés des acteurs de l’entreprise en faveur de la promotion de la santé mentale en entreprise et de la qualité de l’organisation du travail, notamment via le développement d’outils pratiques et de formations proposés par l’Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail (Anact) et l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS), le déploiement d’expérimentations régionales pour renforcer l’action des services de prévention et de santé au travail, ou encore la diffusion de bonnes pratiques en appui des branches professionnelles et des partenaires sociaux.
En proposant la première charte « Santé mentale et emploi » aux côtés de l’Alliance pour la santé mentale, le Gouvernement invite les entreprises à s’engager pour faire de la santé mentale un levier de performance durable et de bien-être collectif.
Concrètement, ce texte incite les entreprises à s’engager durablement dans une initiative vertueuse et suivie, en fixant des objectifs concrets en matière de prévention, formation, accompagnement et sensibilisation, et adaptés aux réalités des entreprises.
Une charte d’engagement pour mobiliser les entreprises
L’Alliance pour la santé mentale (1) , avec le soutien du ministère du Travail et de l’Emploi, lance une charte d’engagement destinée aux entreprises, pour :
1. Sensibiliser et libérer la parole sur la santé mentale
Sensibiliser pour démystifier le sujet de la santé mentale. Par sa signature, l’entreprise affirme sa volonté de promouvoir une approche globale de la santé mentale, qui constitue un enjeu individuel et collectif.
2. Développer le dialogue sur la qualité de vie et les conditions de travail
Mettre en place un cadre favorable au développement du dialogue sur la prévention, la qualité de vie, l’organisation et les conditions de travail,
3. Améliorer en continu les organisations et l’environnement de travail
Une attention particulière sera portée aux conditions d’activité de publics spécifiques (femmes, aidants familiaux, travailleurs en situation de handicap, primo-entrants, seniors, jeunes…), ce qui bénéficie in fine à l’ensemble du collectif de travail.
4. Soutenir concrètement les travailleurs par des actions de prévention, de formation et d’accompagnement des situations individuelles, en déployant notamment des actions de sensibilisation et de formations, telles que le secourisme en santé mentale.
Cette charte vise à valoriser et approfondir les bonnes pratiques, à créer un réseau d’entreprises engagées et à construire une culture du travail plus durable et plus humaine.
Pour conclure
Nous ne pouvons que saluer cette initiative gouvernementale, noter cependant qu’il est dommage que cette charte de bonnes pratiques ne soit opposable à toutes les entreprises. À fin novembre, seules 173 entreprises (de toutes tailles dont 56 % de PME) ont signé la charte, selon Harmonie Mutuelle. Au-delà d’une charte d’engagement, le sujet de la santé mentale au travail devrait constituer un objet de négociation entre partenaires sociaux à part entière au titre des obligations légales de santé et sécurité de l’employeur.
Sources

