Les accidents routiers professionnels (accidents de trajet domicile-travail et de mission confondus) font partie des premières causes de mortalité au travail en France, avec les malaises.
Les données d’indemnisation du régime général et du régime agricole de sécurité sociale font apparaître que pour l’année 2023, les salariés décédés en accident du travail (mission) ou en accident de trajet (domicile-travail) sur la route représentent 30 % de l’ensemble des accidents mortels liés au travail.
Outre les décès, ces accidents peuvent avoir des conséquences graves pour la santé des salariés, ils sont aussi facteur de désorganisation et coûts supplémentaires pour les entreprises.
Le risque routier professionnel est ainsi identifié comme un des risques prioritaires du quatrième plan santé au travail 2021-2025 ainsi que du plan de prévention des accidents du travail graves et mortels (PATGM) impulsés par le ministère du Travail. Il fait également l’objet de mesures spécifiques édictées dans le cadre du comité interministériel de la sécurité routière (CISR) du 17 juillet 2023.
Sensibiliser les acteurs de l’entreprise et mieux agir en prévention
L’analyse statistique des causes et circonstances des accidents routiers liés au travail constitue un des éléments incontournables pour approfondir la connaissance du risque, établir un diagnostic précis et orienter en conséquence la politique de prévention.
La publication de chiffres clés et d’informations détaillées sur ce risque permet la mobilisation des branches professionnelles, des entreprises, des représentants des salariés, des salariés eux-mêmes et de l’ensemble des acteurs de la prévention pour améliorer la prise en compte de ce risque professionnel à part entière.
L’État invite les branches professionnelles particulièrement concernées par ce risque (du fait de la nature de leur activité) à s’engager dans des démarches ambitieuses de prévention du risque routier professionnel. Ainsi en 2023, les organisations patronales et les organismes professionnels du transport routier de marchandises se sont ainsi engagés aux côtés des ministères du Travail, de l’Intérieur, de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires et de la CNAM dans une convention de partenariat pour l’amélioration de la prévention du risque routier professionnel.
En 2016, 21 grands chefs d’entreprise emblématiques s’étaient également engagés en faveur de la sécurité routière en signant des engagements forts pour la sécurité des déplacements professionnels de leurs collaborateurs. 9 ans plus tard en 2025, ce programme d’employeurs engagés réunit plus de 3 743 signataires qui montrent au quotidien leur résolution à agir sur le long terme pour la sécurité sur la route de leurs 5,3 millions de salariés.
Pour accompagner l’essor considérable des mobilités douces et intégrer leur accidentalité croissante dans la prévention du risque routier professionnel, les engagements ont évolué en intégrant les cyclistes et utilisateurs d’engins de déplacement personnel motorisés notamment les trottinettes électriques.
Il faut retenir en chiffes que 28 012 100 de travailleurs sont concernés en 2023 par le risque routier professionnel, c’est un 1,4 décès par jour dans un déplacement en lien avec le travail et 37 % des accidents corporels de la route impliquent au moins un usager en déplacement lié au travail. La profession des transporteurs routiers concentre à elle seule 30 % de l’ensemble des accidents mortels liés au travail (trajet et mission).
Les salariés décédés en accident du travail ou en accident de trajet sur la route sont principalement des hommes, ils représentent 81 % des accidents domicile-travail et 95 % en trajets professionnels contre respectivement 19 % pour les femmes sur les trajets domicile travail et 5 % pour les accidents professionnels.
Sur les trajets domicile-travail, les moins âgés (moins de 35 ans) représentent la part la plus élevée (45 %) des salariés décédés dans un accident de trajet domicile-travail sur la route.
Sur les trajets de mission, les plus âgés (45-54 ans et 55 ans et plus) représentent la part la plus élevée (61 %) des salariés décédés dans un accident de mission sur la route.
Enfin 1 décès sur 10 concerne un travailleur embauché depuis moins de 1 mois.
34 % des salariés décédés sur un trajet domicile-travail ou mission ont moins d’un an d’ancienneté.
Les deux-roues motorisés représentent une part importante de la mortalité dans les trajets domicile-travail : 38 % (112 personnes tuées), alors que ce mode n’est utilisé que dans 2 % des trajets domicile-travail.
Les usagers de motos lourdes sont les plus nombreux parmi ces personnes tuées. Les modes doux (piétons, cyclistes ou trottinettistes) sont également fortement touchés (11 % des personnes tuées en trajet domicile-travail et 7 % des personnes tuées en trajet professionnel).
Pour conclure l’étude pointe les facteurs d’accident des personnes présumées responsables d’accidents mortels qui se déplaçaient en lien avec le travail.
Les cinq premières causes d’accident mortel causé par une personne sur un trajet domicile-travail sont : la vitesse excessive ou inadaptée (28 %), l’inattention-distracteurs (16 %), l’alcool (12 %), le non-respect des priorités (10 %) et les stupéfiants (9 %).
Les cinq premières causes d’accident mortel causé par une personne en mission sont l’inattention-distracteurs (28 %), le non-respect des priorités (14 %), la vitesse excessive ou inadaptée (12 %), les stupéfiants (8 %) et les malaises (7 %).
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