1. Accueil
  2. > Environnement économique
  3. > Emploi
  4. > Quelle est la place du CAP dans les parcours de (…)
Les clés du social : Quelle est la place du CAP dans les parcours de formation et d'insertion des jeunes ?

Quelle est la place du CAP dans les parcours de formation et d’insertion des jeunes ?

Publié le 27 décembre 2025 / Temps de lecture estimé : 3 mn

Quel est l’impact d’un diplôme dans le parcours des jeunes ? C’est à cette question centrale que s’attaque une étude du CEREQ dans un contexte de réforme de l’enseignement professionnel. L’étude révèle une évolution des profils, avec une hausse des élèves issus de Segpa (section d’enseignement général et professionnel adapté) ou d’Ulis (unités localisées pour l’inclusion scolaire), et confirme le rôle du CAP comme levier d’insertion, bien qu’il soit moins favorable que le bac pro. Bref, elle confirme la place du CAP, entre rôle social et diplôme d’insertion.

Une analyse qui s’appuie sur les enquêtes Génération du CEREQ
Cette étude s’appuie sur les données des enquêtes Génération menées par le Céreq (Centre d’études et de recherches sur les qualifications) en 2013 et en 2020, respectivement auprès des jeunes sortis de formation initiale en 2010 et en 2017. Ces enquêtes permettent de reconstituer les trajectoires scolaires des jeunes interrogés et donc d’identifier celles et ceux qui, à un moment de leur parcours de formation initiale, sont passés par un cursus de CAP. Par ailleurs, grâce au calendrier mensuel d’activité de l’enquête, on peut analyser finement leurs conditions d’insertion professionnelle, durant les trois et six premières années qui ont suivi leur entrée sur le marché du travail.

Ce qu’est le CAP

Le Certificat d’aptitude professionnelle (CAP) est un diplôme de niveau 3, destiné à préparer les jeunes à l’exercice d’un métier spécifique, à travers un enseignement à dominante professionnelle. Il regroupe 311 000 apprenants en 2023 (dont 123 761 élèves dans l’éducation nationale). À l’instar du baccalauréat professionnel, il est supposé conférer une qualification professionnelle reconnue, en adéquation avec les besoins du marché du travail, favorisant ainsi une insertion directe à l’issue de la formation initiale. Il continue de bénéficier d’une image positive auprès de plusieurs branches professionnelles et employeurs, qui ont fortement soutenu son développement à travers l’apprentissage.

Les travaux récents du Céreq montrent un tassement de la part des inscrits ou des titulaires d’un diplôme de niveau 3 à la sortie du système éducatif. Cette tendance s’inscrit dans un contexte de hausse générale du niveau de formation des jeunes, tirée notamment par l’augmentation du nombre de bacheliers et la hausse des poursuites d’études universitaires.

Enfin, il faut souligner que l’insertion est nettement plus favorable pour les jeunes ayant préparé leur CAP par la voie de l’apprentissage que pour leurs camarades sortis de la voie scolaire.

Les principaux enseignements de l’étude

Le profil des jeunes

L’étude fait part d’une évolution profonde des profils des jeunes passés par le CAP. Si cette formation reste avant tout alimentée par les jeunes provenant de la troisième générale, elle concerne de plus en plus de jeunes issus de Segpa ou d’Ulis, connus pour être des classes de troisième accueillant des jeunes en situation de handicap et présentant des difficultés scolaires importantes. Cette évolution résulterait des réformes successives menées, notamment dans le secondaire, au cours de ces dernières années, mais aussi de l’organisation pédagogique dans ces dispositifs (ateliers pratiques, stages d’initiation, accompagnement dans la construction du projet professionnel) qui ont renforcé l’orientation des élèves les plus en difficulté scolaire vers cette voie, qui semble manifestement de plus en plus inclusive.

Le rôle du CAP par rapport au marché du travail

Ce diplôme continue de jouer un rôle déterminant dans le parcours des jeunes sur le marché du travail. Les titulaires de CAP bénéficient globalement d’une meilleure insertion professionnelle que leurs camarades sortis du système éducatif sans diplôme, mais une insertion légèrement en retrait de celle des bacheliers professionnels. Par ailleurs, ils affichent un rapport positif au travail, qui serait probablement lié à une adéquation entre leur formation et l’emploi occupé. Cette adéquation, particulièrement marquée chez les jeunes ayant préparé leur formation par le biais d’un contrat d’apprentissage, s’accompagne pour ces derniers d’un meilleur accès à l’emploi, stable et mieux rémunéré.

Les différences d’insertion

Elles sont réelles selon la spécialité de formation, le genre ou encore l’origine sociale. Les jeunes formés dans le domaine industriel connaissent des parcours professionnels plus favorables que ceux issus des filières tertiaires. Les jeunes femmes rencontrent davantage de difficultés pour accéder à un emploi, et perçoivent des rémunérations inférieures à celles des hommes une fois en emploi. Les origines sociales restent également un facteur déterminant, avec des jeunes issus de milieux favorisés bénéficiant de meilleures opportunités sur le marché du travail.

Mais cette étude met également en évidence les effets positifs de la poursuite d’études après un CAP. Les conditions d’insertion sont en effet plus favorables pour les jeunes ayant prolongé leur parcours par un baccalauréat ou un diplôme de niveau plus élevé.

En conclusion, malgré les disparités constatées (origine sociale, genre, territoire d’origine, spécialité préparée…), le CAP conserve un rôle d’insertion, il protège contre le chômage et améliore l’accès à l’emploi par rapport aux non-diplômés. Il a su aussi s’adapter à un nouveau public ayant des difficultés scolaires initiales.


Source