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Les clés du social : Négociations salariales pour 2026 : les budgets rémunération légèrement à la baisse

Négociations salariales pour 2026 : les budgets rémunération légèrement à la baisse

Publié le 17 décembre 2025 / Temps de lecture estimé : 3 mn

Une étude de LHH [1], un cabinet de conseil en ressources humaines, montre que les budgets consacrés aux rémunérations des entreprises sont en légère baisse pour 2026 par rapport à 2025. Année qui avait déjà été une année de retour à des augmentations de salaires modérées en lien avec la baisse de l’inflation. Les entreprises ont de nouveau plus souvent recours aux augmentations individuelles et aux éléments périphériques du salaire.

Retour sur les salaires en 2025

Le salaire de base médian a été de 53 300 euros pour les cadres et 32 200 pour les autres salariés, en légère hausse par rapport à 2024. Les écarts entre Paris et la province persistent. L’écart est de 6 % entre Paris et la province pour les cadres et 4,5 % pour les non-cadres. Dans le panel d’entreprises étudié par le cabinet LHH les écarts hommes-femmes chez les cadres est de 1,4 % en faveur des hommes. Pour les non-cadres il n’y aurait pas d’écart H/F, ce qui peut paraître surprenant.

En ce qui concerne la totalité de la rémunération (salaires de base et éléments de rémunération variables), la rémunération des cadres est de 62 200 euros et de 36 700 pour les non-cadres aussi en légère augmentation par rapport en 2024.

Le taux médian d’augmentation en 2025 a été de 2,1 %, en nette baisse par rapport à 2024 (3,5 %). Tous secteurs confondus, 85 % des entreprises ont alloué des augmentations de salaire. La moitié des entreprises ont procédé à des augmentations entre 1,8 % et 2,8 %. 25 % ont donné moins de 1,8 % et autant ont accordé plus de 2,8 %. De plus, 25 % des entreprises ont pratiqué des augmentations générales plus élevées pour les bas salaires pour répondre à une demande des salariés les plus modestes en matière de pouvoir d’achat.

Avec le retour de l’inflation en 2022-2023, les entreprises avaient privilégié largement les augmentations générales sur les augmentations individuelles. Même si elles ont encore été nombreuses à pratiquer des augmentations générales notamment pour les plus basses catégories, les employeurs ont de nouveau accordé une place conséquente aux augmentations individuelles. Ainsi, 37 % des employés-ouvriers, 40 % des techniciens agents de maîtrise et 60 % des cadres ont bénéficié d’augmentations individuelles en 2025. Pour ces derniers, les augmentations individuelles ont été supérieures aux augmentations générales.

Parallèlement, la Prime de partage de la valeur dite prime « Macron » a été ramenée à une médiane de 750 euros contre 900 euros en 2024. 15 % des entreprises seulement ont accordé cette prime en 2025 alors que ce taux avait atteint jusqu’à 40 % dans les années précédentes.
Par secteur, ce sont les entreprises du secteur financier qui ont bénéficié d’augmentations plus importantes : 2,3 % pour les assurances, 2,5 % pour les banques contre 2,0 % pour les secteurs industriels.

Les prévisions pour 2026

Les entreprises anticipent une légère baisse des augmentations des salaires en 2026 : 2,0 % contre 2,1 en 2025. Toutefois, 50 % des entreprises seulement interrogées durant l’automne se prononcent sur leurs projets d’évolution des rémunérations en 2026 affichant une certaine prudence. 82 % de celles qui se sont prononcées prévoient des augmentations en 2026. Et comme en 2025 les secteurs financiers seront les mieux lotis.

En complément de ces augmentations, les entreprises souhaitent vouloir proposer à leurs salariés des avantages complémentaires tels des efforts sur la prise en charge des frais de transport et des demandes des salariés en matière de temps de travail, des avantages repas. Par contre, sur le télétravail, la tendance se confirme de la réduction du temps passé à l’extérieur de l’entreprise. Enfin, elles anticipent que les candidats à un emploi vont plutôt privilégier la solidité de l’entreprise qui pourrait les recruter et les opportunités de carrière qu’elle va leur proposer.

Globalement, les conclusions de cette enquête sont globalement confirmées par une étude du groupe ALPHA, un cabinet de conseil aux représentants du personnel qui a étudié les premiers accords d’entreprises négociés à l’automne par l’administration du travail et publiés sur le site Légifrance.fr. Alpha parle plutôt de 1,7 % en moyenne pour les augmentations de rémunérations en 2026 négociés dans les NAO actuellement.

Cette prudence ou modération des entreprises en matière de rémunération s’explique par la baisse de l’inflation qui s’est stabilisée à partir de 2025, un contexte politique, économique et social incertain qui engendre des budgets plus contraints pour les entreprises et une reprise même faible de l’augmentation du chômage accompagnée de moindres difficultés de recrutement.

Pas sûr que les salariés, notamment les plus modestes, plus touchés par l’inflation notamment sur les produits de première nécessité, se satisfassent de cette modération salariale. Une donnée à prendre en compte dans les NAO qui se poursuivent en cette fin d’année.


Sources


[1Enquête réalisée par l’Observatoire des rémunérations du cabinet LHH durant l’automne auprès de 200 entreprises parmi ses clientes employant un million de salariés, donc plutôt des grandes entreprises, ce qui peut fausser quelque peu les résultats.