Selon le sociologue américain Putman, une répartition plus large de la confiance et de la participation parmi les membres d’un grand groupe est plus efficace qu’une société méfiante. En effet, elle facilite l’action collective dans l’intérêt mutuel et non dans l’intérêt individuel.
La mesure du capital social de l’étude danoise prend en compte huit critères :
- le civisme
- l’engagement politique
- la confiance dans les institutions
- la confiance en autrui
- la participation passive
- la participation active
- les relations amicales
- les relations familiales
Pour chaque critère, les réponses aux questions de l’enquête permettent de dresser une échelle de valeur. (Exemple : nombre d’amis, nombre de visites des amis, etc. Exemple : est-ce justifié de tricher pour ses impôts, de recevoir un pot de vin, etc.)
L’étude donne les résultats de la mesure de chaque critère. Nous avons additionné les huit valeurs attribuées à chaque pays pour dresser le tableau ci-dessous qui donne la valeur du capital social des pays européens.
Les résultats montrent une fois de plus que les pays scandinaves sont des pays où les habitants ont confiance dans leur entourage, dans leurs institutions et ont un haut degré de participation sociale. La France par contre présente un capital social faible, inférieur à celui de la plupart des autres pays européens.
Prix de la défiance des Français à l’encontre de leurs institutions, de leur manque de participation et de civisme ?
La conséquence de ce faible capital social se mesure t’elle comme le suggèrent les sociologues dans une efficacité nationale moindre ?
Pays | Capital social |
---|---|
Suède | 67,6 |
Pays-Bas | 66,3 |
Danemark | 66,2 |
Autriche | 64,5 |
Irlande | 64,4 |
Finlande | 64 |
Allemagne | 63,6 |
Pologne | 62,6 |
Lituanie | 62,1 |
Italie | 62 |
UK | 61,4 |
Espagne | 61,4 |
Slovénie | 61,4 |
Portugal | 61,3 |
Hongrie | 60,7 |
Tchéquie | 60,6 |
Belgique | 60,5 |
Slovaquie | 59,8 |
France | 59,5 |
Estonie | 58,9 |
Lettonie | 57 |
Grèce | 55,8 |
Ce tableau a été réalisé par W. van Oorschot, chercheur de l’Université d’Aalborg au Danemark au Centre for Comparative Welfare Studies.
L’enquête a utilisée 28 894 réponses obtenues entre 1999 et 2000