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Les clés du social : Un défi pour les entreprises : un salarié sur cinq est un aidant

Un défi pour les entreprises : un salarié sur cinq est un aidant

Publié le 22 novembre 2025 / Temps de lecture estimé : 4 mn

L’article de la loi L113-1-3 du code de l’action sociale et des familles définit la notion de proches aidants. Ils sont de plus en plus nombreux. Le rôle d’aidant impacte négativement son travail, son maintien dans l’emploi et son déroulé de carrière. Cela devient un défi majeur pour les entreprises.

« Est considéré comme proche aidant d’une personne âgée, son conjoint, le partenaire avec qui elle a conclu un pacte civil de solidarité ou son concubin, un parent ou un allié, définis comme aidants familiaux, ou une personne résidant avec elle ou entretenant avec elle des liens étroits et stables, qui lui vient en aide, de manière régulière et fréquente, à titre non professionnel, pour accomplir tout ou partie des actes ou des activités de la vie quotidienne ».

Le portrait des aidants, d’après l’enquête Agirc-Arrco du premier trimestre 2025 : 11 millions de français (non professionnels) épaulent régulièrement un proche malade, âgé ou en situation de handicap, dont 61 % sont en activité professionnelle (source France Travail avril 2024), en intégrant les personnes en situation de Handicap, les malades quels que soient leurs âges L’âge moyen des salariés aidants est de 44 ans et leur âge moyen d’entrée dans « l’aidance » est de 34 ans.

  • L’ancienneté de l’aide est de 10 ans, une aide qui concerne principalement le cercle familial (87 %).
  • Il s’agit d’un soutien moral pour 70 %, d’une aide pour les activités domestiques pour 62 %, d’une aide dans les déplacements pour 56 %.
  • La grande majorité sont des aidantes.
  • Plus de 700 000 jeunes de 16 à 25 ans sont aidants ou co-aidants.

La plupart des aidants expriment des difficultés à repérer les dispositifs qui pourraient leur offrir un véritable soulagement au quotidien.

  • 62 % des aidants interrogés expriment une difficulté forte à identifier leurs droits et ceux de leur proche.
  • 76 % n’ont bénéficié d’aucune solution de soutien aux aidants.

La loi relative à l’adaptation de la société au vieillissement (ASV) de décembre 2015 n°1776 crée des droits nouveaux pour les aidants. Cette loi a été prolongée depuis 2020 par :

  • La reconnaissance du rôle du proche aidant et un droit au répit ;
  • Une majoration ponctuelle de l’APA (allocation personnalisée d’autonomie), lorsque la situation le nécessite ;
  • Une majoration de la durée d’assurance retraite sous certaines conditions (voir l’AVA, assurance vieillesse des aidants) ;
  • Des aides techniques de prévention pour le maintien à domicile ;
  • Des aides fiscales ;
  • Un soutien financier aux professionnels de l’aide à domicile ;
  • Le bénéfice de don de jours de repos entre collègues ;
  • L’allocation journalière d’accompagnement d’une personne en fin de vie ;
  • Des soutiens financiers aux aidants par certaines caisses de retraite de base et de retraite complémentaire sous certaines conditions.

La santé mentale des aidants se fragilise : 44 % des aidants se déclarent en difficulté sur le plan de la santé mentale, un impact prononcé pour ceux qui aident leur conjoint (60 %), ceux qui vivent sous le même toit que la personne aidée (58 %), les aidants solos (55 %), ceux qui aident une personne en situation de handicap (55 %) :

  • Pour les aider dans leurs difficultés à concilier leur vie privé et leur travail, les aidants préconisent un accès à des aides professionnelles, plus de souplesse dans leurs horaires de travail avec un aménagement de la charge de travail, et plus de soutien associatif.

Depuis 2019, la négociation d’entreprise est obligatoire au niveau des branches professionnelles sur la conciliation vie privée/vie professionnelle des salariés proches aidants : la qualité de vie au travail, la performance économique et la responsabilité sociétale des entreprises plaident pour un soutien accru aux salariés aidants, confirme l’enquête OCIRP. Ce sujet a vocation à s’intégrer pleinement au dialogue social. Aux questions :

  • Pour mieux protéger les salariés aidants, la négociation collective vous parait-elle efficace ? Pour, répondent à 77 % les organisations patronales et à 97 % pour les organisations de salariés.
  • Les organisations salariales privilégient la négociation de branche à 84 % mais les organisations patronales sont plus partagées (52 % pour la branche et 43 % pour l’entreprise).
  • La protection sociale complémentaire doit jouer un rôle plus important pour soutenir les salariés aidants : 97 % des salariés aidants répondent pour.

Les mesures de soutien aux aidants citées spontanément par les partenaires sociaux :

  • Souplesse dans l’organisation du travail : horaires, congés, télétravail, CET (compte épargne temps) …
  • Information, sensibilisation, dialogue et accompagnement par le management et les RH ;
  • Aides concrètes pour soulager les salariés aidants : remplacement temporaire, répit, prestations à domicile et autres services spécialisés ;
  • Reconnaissance juridique renforcée : statut, régime de prévoyance, revalorisation des congés, sécurisation en cas d’absence prolongée.

La plateforme RSE (responsabilité sociétale des entreprises) recommande aux partenaires sociaux et aux fédérations professionnelles d’engager le dialogue sur la prise en compte des salariés aidants, de sensibiliser leurs parties prenantes, de faciliter la prise de congés mais également d’élaborer des outils pour identifier les enjeux et les intégrer dans les démarches RSE.

En 2025, une prise de conscience de la société est en progression pour 83 % des aidants et 70 % des salariés non-aidants ; ils ont déjà entendu parler des salariés en situation de proches aidants, même si 58 % des salariés aidants et 72 % des non-aidants ne s’estiment pas suffisamment informés sur le sujet de « l’aidance ».


Références