6 800 multinationales françaises présentes à l’étranger
Présentes dans 190 pays, elles possèdent 55 200 filiales à l’étranger, contre leurs 69 500 établissements en France. Elles y effectuent la moitié de leur chiffre d’affaires consolidé, soit 1 700 milliards d’euros. Si la moitié d’entre elles ne sont présentes que dans un seul pays étranger, la moitié des plus grandes sont implantées dans au moins 12 pays. Et les grandes multinationales réalisent 82 % de leur chiffre d’affaires à l’étranger. Elles y cherchent d’abord des coûts salariaux inférieurs à ceux français, avec un coût moyen de 48 100 euros dans leurs filiales étrangères contre 63 300 € en France. C’est aussi pour être directement présentes sur de gros marchés commerciaux comme les USA.
Au total elles y emploient 7 millions de salariés, soit plus de la moitié de leurs effectifs (56 %), à comparer avec les 15,6 millions de salariés du privé du secteur marchand non agricole et non financier en 2022. Avec des chiffres très variables d’implantation, en commençant par les 8 premiers :
| Pays non UE | Nombre de salariés | Pays de l’UE | Nombre de salariés |
| USA | 775 000 | Allemagne | 472 000 |
| Inde | 572 000 | Espagne | 418 000 |
| Brésil | 449 000 | Italie | 271 000 |
| Royaume Uni | 402 000 | Pologne | 244 000 |
Le premier pays en nombre de salariés est donc les États-Unis, en particulier dans l’industrie, suivi par l’Inde, surtout dans les services, et l’Allemagne, dans l’industrie également en première activité. Le Brésil, quant à lui représente surtout une activité de commerce, dans la grande distribution. Dans l’UE, les multinationales françaises regroupent 34 % de leurs emplois étrangers, premier secteur. Mais 66 % des emplois créés le sont hors UE.
L’emploi salarié français sous contrôle étranger
Il ne représente pas le même niveau, sans être du tout négligeable. En effet, 19 100 entreprises étrangères, de 112 pays, ont des filiales en France et y réalisent 219 milliards d’euros de valeur ajoutée, soit 17 % de la VA française.
Elles emploient 2,3 millions de salariés, soit 13 % des emplois du secteur privé marchand non agricole et non financier. Ces différents pays représentent des nombres d’emplois en France très différents. Pour ne citer que les plus importants :
| Pays non UE | Nombre de salariés | Pays de l’ UE | Nombre de salariés |
| USA | 523 400 | Allemagne | 333 500 |
| Suisse | 263 400 | Pays-Bas | 222 000 |
| Royaume-Uni | 168 300 | Belgique | 130 400 |
| Japon | 106 200 | Luxembourg | 129 200 |
Ainsi les pays de l’Union européenne procurent la moitié des emplois contrôlés par l’étranger (1 146 000 emplois) et réalisent 58 % des investissements étrangers.
On trouve ces emplois contrôlés par l’étranger plus dans la moitié nord de la France, des Hauts-de-France à Rhône-Alpes, avec des zones prioritaires telles les frontières du Grand Est qui concentrent 21 % de ces emplois, avec des entreprises surtout allemandes en Lorraine du nord et suisses dans le Haut Rhin, et l’Île-de-France où se retrouvent près d’1/3 des emplois contrôlés, en particulier ceux créés par des entreprises étatsuniennes (1/4 des emplois contrôlés de cette région).
1/3 des emplois contrôlés sont industriels, en particulier d’entreprises allemandes, hollandaises, japonaises et italiennes, ¼ de ces emplois sont commerciaux, surtout d’entreprises belges, allemandes ou anglaises, 20 % s’occupent de services administratifs et de soutien (intérim), les autres secteurs d’activité étant beaucoup moins présents.
En conclusion
On voit que la France est très intégrée dans la mondialisation et les échanges internationaux, et que les multinationales françaises choisissent prioritairement le développement de leurs activités à l’étranger, moins volontaires et dynamiques sur le territoire français. Dans l’autre sens, la France a un bon niveau d’attractivité, première en Europe, mais les ordres de grandeur sont différents. La France a besoin de politiques économiques plus efficaces, favorisant l’innovation et les compétences pour que les activités se développent davantage dans notre pays. Et, face à la restructuration du marché international (guerres commerciales, taxations, protectionnisme américain, changement de flux commerciaux, monopole internet…), la France saura-t-elle se renforcer en s’appuyant davantage sur le niveau européen ?
Sources

