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La NAO, négociation annuelle obligatoire

samedi 8 janvier 2011

Place dorénavant aux NAO, les négociations annuelles obligatoires …qui tournent essentiellement sur les salaires.

Ces négociations se sont ouvertes et certaines même conclues dans des grandes entreprises. Dans la plupart des branches, on en est aux rencontres préliminaires. Cette absence de préséance dans le calendrier de la négociation est spécifique à la France. Dans la majorité des pays européens, on négocie dans la branche et, une fois l’accord signé à ce niveau, les négociations d’entreprise peuvent s’ouvrir. Les négociations de branche bénéficient ainsi du possible rapport de force des syndicats des grandes entreprises. Ce qui n’est pas le cas de la France : les accords d’entreprise démobilisent de la négociation de branche les salariés et militants des grandes entreprises. Lacune originelle des lois Auroux qui n’a trouvé personne pour la combler.

Cette négociation annuelle en est d’autant plus importante dans l’entreprise. Pour les directions, elle est l’occasion de rendre lisible la politique salariale et de communiquer aux salariés sur la situation de l’entreprise. Elle est un moment d’écoute des syndicats et une aide à la lecture du climat social.

La négociation annuelle construit les syndicats. C’est le plus souvent le moment social le plus important de l’année. La négociation les construit par le choix de leurs revendications, leur aptitude à négocier, à exprimer un rapport de force. C’est une occasion décisive de communication entre salariés et représentants syndicaux.

Outre l’augmentation collective (maintenir le pouvoir d’achat ou améliorer le pouvoir d’achat ?) la négociation peut aussi déterminer si les cadres sont compris dans la négociation ou non et si les augmentations individuelles sont intégrées : par le volume global accordé, par la négociation des critères ?

La question des bas salaires revient souvent dans les négociations, les syndicats tentent d’obtenir une augmentation supérieure pour ces catégories. Que pourrait être une politique structurelle des bas salaires ? En fait mieux qu’une augmentation ponctuelle, ne vaudrait-il pas réfléchir à une réponse en termes de qualification ? Un bas salaire ne devrait-il pas être un salaire provisoire et non un salaire permanent ? La négociation devrait alors porter sur le nombre de basses qualifications, sur la requalification obligatoire au bout de tant de temps des salariés en bas de la grille. Les dépenses de formation devraient alors être liées à ces requalifications obligatoires et figurer dans l’accord. La formation, qui fait l’objet d’un dialogue avec le CE ou le DP et non d’une négociation dans l’entreprise, entrerait alors dans la cour des grands.