Les discriminations perdurent en France, certaines même progressent
84 % des salariés et 98 % des responsables RH déclarent avoir été témoins de discriminations au travail y compris au sein même de leur entreprise (56 %) même s’ils ont manifestement plus de mal à le reconnaître.
58 % des salariés français (66 % au plan international) déclarent avoir été victimes de discriminations. Les principales discriminations subies en France concernent d’abord l’apparence physique (25 %), l’âge (20 %) et le racisme (18 %). Certaines ont progressé depuis 2022 telles que l’apparence physique (+7 pts), le racisme (+8 pts) et les opinions politiques (+3 pts).
Pour les responsables RH, en France, les discriminations rencontrées dans le milieu professionnel sont principalement le racisme (67 %), le niveau scolaire ou le statut socio-économique (66 %), le handicap (65 %), l’apparence physique (63 %) et l’âge (60 %). Toutes les formes de discriminations sont beaucoup plus citées par ces responsables qu’en 2022, ce qui peut laisser penser une plus forte sensibilité à ces questions qu’il y a trois ans. Notons, enfin, que les questions d’orientation sexuelle ou d’identité de genre sont moins citées par les salariés et les responsables RH.
Les discriminations apparaissent en France comme à l’étranger lors du recrutement (pour 37 % des responsables RH et 20 % des salariés), lors de l’intégration dans les équipes (24 % des responsables RH) et au moment d’une promotion (24 % des responsables RH).
Les discriminations ont un impact négatif sur le climat social de l’entreprise
Salariés et responsables RH ont une opinion divergente sur les attitudes qui dégradent l’ambiance de travail. Pour les salariés français, ce sont dans l’ordre l’importance liée au physique (33 %), les réflexions à caractère sexiste (30 %), celles liées à l’âge (29 %), à caractère raciste (28 %), les allusions à caractère sexuel (28 %) et l’affichage marqué des convictions politiques ou syndicales (26 %).
Pour les responsables RH, viennent en premier les réflexions à caractère sexiste (53 %) et les convictions politiques et syndicales trop marquées (51 %), devant les allusions sexuelles ou racistes (47 %), le physique (45 %) et l’âge (44 %) autant que les allusions sur l’orientation sexuelle (44 %).
Une implication dans la lutte contre les discriminations et l’inclusion en baisse
Au plan international, une grande majorité des responsables RH et des salariés paraissent convaincus qu’une politique de diversité et d’inclusion a des effets positifs sur leur activité (78 % des salariés et 81 % des responsables RH). En revanche, les acteurs français semblent un peu moins convaincus (respectivement 74 % et 76 %). Encore plus inquiétant, cette proportion est en baisse en France par rapport à 2022 : -3 points pour les salariés et surtout -12 points pour les responsables RH. Plus encore, ces derniers semblent moins associer ces politiques de diversité et d’inclusion à la créativité (53 %, -14 pts), à l’engagement social de l’entreprise (36 %, -14 pts) ou à l’image de l’employeur (64 %, -9 pts). Toutefois, au-delà de ces valeurs sociales, c’est aujourd’hui l’intérêt économique qui progresse. Cette évolution liée à la compétitivité progresse nettement (36 %, +13 pts). Peut-être, au final, une motivation plus importante pour les entreprises.
Les acteurs de l’entreprise mobilisés, ce qui n’empêche pas les difficultés
Les responsables RH se déclarent mobilisés et 63 % déclarent que leurs dirigeants sont personnellement impliqués dans ces politiques. Toutes les politiques pour promouvoir la diversité et l’inclusion progressent : communication, parcours d’intégration, engagement des dirigeants, engagement de personnes volontaires pour soutenir les groupes minoritaires ou discriminés sur le lieu de travail, réunions dédiées ou signatures de charte. D’après les responsables RH, des procédures de recrutement plus objectives sont mises en œuvre, les encadrants sont plus formés, le recrutement sans CV se développe tout en restant minoritaire.
Mais les difficultés demeurent notamment en matière d’intégration des personnes en situation de handicap, la cohabitation des cultures ethniques et la gestion des séniors. Se rejoute aussi l’égalité de traitement entre les hommes et les femmes qui semble un problème complexe à résoudre pour plus de la moitié des responsables RH en France.
Les managers sont plus à la peine. Ainsi, pour les salariés français, 34 % seulement des managers sont perçus comme des alliés pour aborder ces questions (-4 % par rapport à 2022). 14 % des managers ne se sentent pas assez soutenus. Les responsables RH comme les salariés attendent d’eux qu’ils fassent preuve de plus d’écoute, d’empathie, de bienveillance, de tolérance et d’ouverture vers les autres (entre 35 % à 45 %). Une demande récurrente qui pose la question plus large du type de management pratiqué en France.
Les partenaires sociaux acteurs de référence dans la lutte contre les discriminations
Spécificité française par rapport aux autres pays de l’étude, c’est la place que les salariés accordent aux partenaires sociaux dans la lutte contre les discriminations : 24 % des salariés les considèrent comme acteurs de référence, ce qui souligne pour CEGOS « le rôle structurant du dialogue social en France sur les questions de diversité et d’inclusion ».
En conclusion, les acteurs de l’entreprise semblent plus sensibilisés que par le passé aux problèmes de diversité. Ils paraissent toutefois moins mobilisés sur ces sujets et les managers doivent encore largement progresser alors que le sentiment de discrimination perdure en France. Nous reprendrons la conclusion du mot de présentation de l’étude de Benoit Felix, directeur exécutif de CEGOS, « la diversité et l’inclusion ne sont pas une tendance. Ce sont des transformations humaines, culturelles, managériales, que chaque organisation doit engager si elle souhaite rester pertinente, attractive et résiliente ».
Source
- CEGOS Diversité, baromètre international Cegos 2025
https://www.cegos.fr/ressources/enquetes/etude-internationale-diversite-et-inclusion

