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Arrêts de travail des salariés en baisse en 2023

mercredi 29 mai 2024

Les organismes d’assurance et de prévoyance publient chaque année des statistiques concernant les arrêts de travail des salariés. Comme pour les enquêtes des instituts de sondage, les chiffres connaissent de petites différences de l’un à l’autre mais de faible ampleur et suivent les mêmes tendances. La tendance 2023 est donc à la baisse du taux d’absences, à 5,06 %, mais avec une durée plus longue et des inquiétudes des salariés par crainte d’une dégradation de leur santé au travail.

Un taux d’absences en baisse, sans retrouver le niveau de 2019

L’année précédente, 2022, a connu des pics d’absences. 2023 revient à des chiffres un peu plus faibles, sans retrouver le niveau de 2019.

201920222023
Taux d’absences 4,78 % 5,64 % 5,06 %
Pourcentage des salariés ayant eu une absence 37 % 45 % 38 %
Durée moyenne 19,6 jours 18,4 jours 20,8 jours



Parmi ces arrêts, 16 % sont d’origine professionnelle (ATMP), un record en 2023, avec un point de plus qu’en 2019.
D’autre part, le taux d’absences 2023 ne rend pas compte de tous les soucis de santé des salariés puisque 60 % des salariés disent ne pas avoir demandé d’arrêt alors qu’ils étaient malades, et même 63 % de ceux qui peuvent télétravailler, parfois plusieurs fois (41 %).

La durée des arrêts s’accroit

Ainsi que le montre le petit tableau ci-dessus, la durée moyenne augmente de quasiment 2 jours et ½ de 2022 à 2023. L’étude l’explique par la baisse des arrêts covid qui ne représentent plus en 2023 que 22 % du total contre 43 % l’année d’avant et qui sont généralement des arrêts courts, de 4 à 9 jours. Les autres arrêts s’allongent de 2 jours, à 18,6 jours en moyenne, avec, même, une augmentation des arrêts longs de plus de 90 jours.

Des différences régionales, selon les secteurs professionnels et les CSP

La baisse de 2023 concerne tous les secteurs sauf 2 : la santé et l’immobilier. Elle est plus forte dans l’industrie que dans les services et les transports-logistique.
D’autre part, les taux d’absences les plus forts se rencontrent dans les Hauts-de-France (6,98 %) et dans le Grand Est (6,58 %) alors qu’il est bien plus faible en Île-de-France (4,16 %). Ce ne sont pas les mêmes secteurs d’activité ni les mêmes types d’emplois.
D’ailleurs, la baisse du taux est plus forte pour les professions intermédiaires (-15,8 % par rapport à 2022) et pour les cadres (-12,1 %) que pour les ouvriers (-10,4 %).

Des inquiétudes des salariés sur l’avenir de leur santé

L’enquête montre que les salariés craignent pour leur santé mentale (64 % d’entre eux) et physique (55 %), chiffres en hausse. Parmi les motifs viennent d’abord le manque de reconnaissance et de valorisation dans le travail, le stress, la charge de travail, les gestes répétitifs. Ils citent beaucoup, pour ceux dont ce sont les fonctions, les difficultés dans les contacts avec les clients ou les usagers et disent avoir subi au moins une fois une agression verbale (63 %), physique (23 %) ou des incivilités (72 %). Si bien que certains changent d’emploi, un turnover (14,95 %) dont la moitié est due à des salariés en CDI qui partent à leur initiative.

Au final

On ne peut que conclure, comme les auteurs, que ces statistiques ne montrent pas un désengagement des salariés mais des problèmes de qualité effective du travail. Prévention à développer, organisation du travail et du temps de travail, charge de travail, modes de management, reconnaissance au travail sont les points-clés qui ont besoin d’être profondément revus par les directions et pris en charge par les représentants des personnels et les salariés eux-mêmes.


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