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Diversité : malgré des politiques affichées, encore des discriminations

mercredi 5 février 2020

Trois quarts des salariés et des responsables des ressources humaines (DRH/RRH) considèrent que leur entreprise correspond bien à la diversité de la société française. Mais est-elle bien vécue ? En fait, un salarié sur deux dit avoir été victime de discrimination au cours de sa vie professionnelle ; et un sur trois craint de risquer de l’être aujourd’hui dans le monde du travail. Qu’en est-il réellement ?

Pour cerner cette réalité, la Cegos a réalisé son deuxième baromètre « État des lieux des discriminations et des politiques Diversité en entreprises » (le premier en 2011) en interrogeant 1 046 salariés et 181 DRH/RRH d’entreprises ou organisations, privées et publiques, de plus de 50 salariés.

Des politiques diversité existent

Ce sont elles qui justifient la perception des 3/4 des salariés et DRH/RRH d’avoir une entreprise qui reflète la diversité française. Les plus âgés et les hommes le confirment d’ailleurs plus que les jeunes (moins de 31 ans) et les femmes.

Aussi la moitié des salariés et 57 % des RH pensent aussi que ces politiques diversité privilégient certaines catégories. Pour eux, elles concernent en premier lieu les jeunes, les personnes handicapées, les femmes et les seniors, soit en raison d’un cadre légal (femmes, handicapés), soit en raison des transformations de la société et de la numérisation (seniors et jeunes).

Mais ces politiques sont plus conçues dans le sens de la prévention que comme un vecteur de richesse pour l’entreprise. En effet, les DRH listent les difficultés qu’ils rencontrent malgré tout, à commencer par :

Recrutement et intégration de personnes d’origines sociales différentes55 %
Emploi et intégration de personnes handicapées ou ayant eu une longue maladie53 %
Gestion de l’intergénérationnel50 %
Égalité de traitement femmes/hommes50 %


Ils citent ensuite les questions religieuses, la cohabitation des personnes ayant des cultures ethniques différentes ou issues de minorités visibles. Et pour eux, plus que pour les salariés, les convictions politiques ou syndicales « très marquées », les réflexions sexistes ou sexuelles dégradent l’ambiance de travail.

La perception de la discrimination est forte

Et elle est assez différente entre salariés et RH. Si les RH pensent que les discriminations ont baissé depuis le premier baromètre de 2011, pour les salariés, elles se sont alourdies :

Motifs de discrimination SalariésDRH/RRH
2019 Évolution 2019/2011 2019 Évolution 2019/2011
Apparence physique43 %+16 points
Âge36 %+1225 %-7 points
Activités syndicales33 %+1225 %=
État de santé31 %+1524 %-4 points
Sexe30 %+ 9


Chez les salariés, les jeunes sont plus sensibles que les seniors à l’importance accordée au physique, et aux remarques sexistes ou sexuelles.


Parmi les 1 sur 2 qui disent avoir été discriminés, l’âge est le premier facteur (18 %, femmes : 21 %), devant l’apparence physique (16 %, femmes 19 %), l’état de santé (14 %), le sexe (13 %, femmes 22 %), les activités syndicales (10 %). On voit que les femmes sont plus souvent en butte à des discriminations, d’abord pour leur sexe.

Quelles politiques pour une meilleure intégration de la diversité ?

Pour les salariés comme pour les RH le déploiement d’une politique de diversité est positif. Mais, aux politiques existantes, quoi ajouter pour lutter contre les discriminations qui continuent d’exister ? Une proposition est reconnue tant par les DRH/RRH que par les salariés : l’instauration de quota, pour 2/3 des salariés (74 % de femmes et 60 % d’hommes) et 57 % des RH, parmi lesquels 42 % disent la pratiquer, mais seulement 15 % l’affirmer clairement.

À travers ces éléments, il est explicite qu’il y a là un vrai sujet à traiter dans les entreprises, tant au niveau des élus pour aider et défendre les salariés discriminés que par les instances et la négociation d’entreprises pour faire avancer des mesures positives pour lutter contre les discriminations liées à la diversité.


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