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Michelin : un comité mondial du dialogue social

mercredi 25 mars 2020

Un accord conclu le 27 janvier 2020 entre le groupe Michelin et la fédération internationale des syndicats de l’industrie IndustriALL Global Union a créé un comité mondial du dialogue social. L’accord est conclu pour une durée indéterminée. Le texte définit la composition, les attributions et les modalités de fonctionnement de cette nouvelle instance qui se fixe comme objectif de contribuer à l’amélioration des conditions de travail des 127 000 salariés de Michelin dans le monde et de renforcer progressivement la performance des activités à tous les niveaux.

Une signature entre deux géants

Le groupe Michelin est fort de 127 000 salariés dans le monde. Il est le numéro deux mondial du pneumatique et il exploite soixante-sept usines dans le monde. Il a produit environ 190 millions de pneus en 2018. IndustriALL Global Union est une fédération d’organisations syndicales qui représente plus de 50 millions de travailleurs dans le monde, dans 140 pays, dans les secteurs minier, énergétique et industriel.

L’accord instituant le comité mondial Michelin est intervenu à l’issue d’un processus de réflexion et de négociation entamé depuis près de deux ans. La nouvelle instance de représentation du personnel s’inspire du travail, de la méthode et des résultats positifs du comité européen d’entreprise Michelin (CEEM). Le CE mondial est une instance complémentaire des autres instances officielles. Il doit permettre de répondre au besoin de créer des espaces de dialogue social et de partage dans les 170 pays où Michelin est implanté.

Plusieurs ambitions à travers le texte d’accord

  • Créer un nouvel espace de dialogue social représentant les salariés des pays où le groupe est implanté sauf la Chine, la Russie, le Mexique et l’Inde, où il « n’existe pas actuellement de représentation démocratique du personnel », selon une porte-parole du groupe.
  • Mieux appréhender les évolutions mondiales économiques, sociales et environnementales de Michelin dans le monde.
  • Améliorer dans l’ensemble des pays l’accompagnement social des transformations économiques.

Dans ce cadre, il aura notamment pour missions de :

  • Permettre à tous les salariés par le biais des représentants du personnel de partager les résultats et les orientations stratégiques du groupe en toute transparence dans la majorité des pays où Michelin est implanté.
  • Contribuer à la co-construction des politiques fondamentales d’accompagnement des transformations du groupe, compétitivité, protection sociale, diversité, notamment inclusion et handicap, développement durable.

Le comité se veut un nouvel espace de dialogue social à l’échelle du monde.

Quel fonctionnement ?

Le comité mondial Michelin sera présidé par le secrétaire général du siège du groupe Michelin. La désignation des 50 membres du comité (dont 5 pour la France), tous des élus dans leurs pays respectifs, était prévue en février et la première réunion de la nouvelle instance était annoncée pour le 1er avril 2020 à Clermont-Ferrand.

Il se réunira deux fois par an. Les sujets abordés seront transnationaux. Dans une interview à Liaisons sociales Magazine, Jean-Claude Pats, directeur du personnel du groupe Michelin, évoque l’impact du digital sur les organisations, les sujets relatifs à la protection sociale, les conditions de travail en lien avec la pénibilité de certains métiers et l’allongement de la vie professionnelle.

Avec cet accord, Michelin reconnaît l’importance des conventions fondamentales de l’OIT, les principes directeurs des Nations Unies relatifs aux entreprises et aux droits de l’Homme et les principes directeurs de l’OCDE à l’intention des entreprises multinationales. Reste maintenant à donner un visage à cette instance et surtout à mesurer son impact positif pour qu’à la mondialisation des politiques industrielles réponde la mondialisation du dialogue social. Affaire à suivre !




Sources